L’extraordinaire Maxi Bazar
Redécouvrir Lyon

L’extraordinaire Maxi Bazar

Publié le.

29/1/2022

Photographie

Un jour, alors que je me promène dans les rues animées de Lyon, je décide machinalement de tourner à droite au coin de la rue Mulet (comme ma coupe tiens !). J’entre alors rue « D’laRep » comme dit papa. Je m’baladais sur l’avenue, le cœur d’humeur maussade après que ma copine m’a quitté. Sa raison ? « Non Serge, avoir retenu un rôt après avoir descendu cul-sec la douzaine de bières que je t’ai apportée devant ton match ne constitue pas un sacrifice pour notre couple ». Mais quelle remarque saugrenue ! Ma mère m’avait pourtant appris « quand on aime quelqu’un, on se retient ». Oui mais…

Voici à peu près où en était le cours de mes pensées lorsque mon regard s’est soudainement arrêté sur un imposant édifice. Bien connue des lyonnais, et l’une des enseignes les plus fréquentées de la capitale des Gaules, j’ai vite reconnu le Maxi Bazar.

L’histoire atypique du Maxi Bazar

Bien qu’abrité dans un bâtiment qui ne semble pas tout neuf, le magasin lyonnais est en fait tout jeune. L’enseigne telle qu’on la connaît aujourd’hui ne s’est installée dans le centre-ville qu’en 2016, mais elle a un grand frère : le Grand Bazar de Lyon. Et celui-ci est fichtrement plus vieux : c’est Jean Dabonneau qui en 1856 crée ce magasin à l’emplacement de l’actuel Monoprix Grand Bazar, il s’appelle alors « À la ville de Lyon ».  Inauguré en 1860, on y achète des vêtements, des tissus et de la mercerie. Puis, 25 ans plus tard, le grand magasin est racheté par Henri Perrot qui ouvre le « Grand Bazar » (pas un maniaque du rangement celui-là).  S'ensuit alors un XXème siècle rythmé par de nombreux projets d’agrandissement et de rétrécissement successifs, entrecoupés par les difficultés qu’amènent les deux guerres mondiales. C’est finalement en 1997 que l’aventure s’arrête lorsque Monoprix rachète le bâtiment et lui donne son aspect contemporain qu’on connaît tous.

Bref, fini pour le cours d’histoire et place au récit. Je décide d’entrer, et de vous emmener avec moi dans cette caverne d’Ali Baba.

Un magasin pas comme les autres

Aussitôt la porte refermée derrière moi, j’accède à un monde merveilleux, un labyrinthe féérique où les cascades de guirlandes chatouillent les cactus et où des centaines de lampes illuminent de grands tableaux. Seules différences : la fée clochette est devenue un gorille en plastique, les luxueuses tapisseries sont des paillassons « bienvenue chez les beaufs » et le balais volant d’Harry Potter s’est transformé en serpillère discount. Dans cet univers à la fois enchanté et désenchanté, les pots à brosses à dents côtoient les pots de popcorn et les oreillers côtoient les jeux de société. C’est à la fois fascinant et inquiétant comme le temps paraît s’écouler au ralenti. On se retrouve à déambuler entre ces rayons où des objets de toutes sortes semblent déborder des étagères et on se surprend à ne plus penser à rien d’autre qu’à son prochain besoin (coucou la société de consommation). Cette atmosphère me rappelle celle d’un casino (le Maxi Bazar vend même machines à sous, roulettes et jeux de cartes). Une fois rentrés, on est tant happés par l’animation, les lumières, et la quête aux bonnes affaires qu’on y perd la notion du temps. On y entre à 21 ans, tout innocent et plein d’espoir, on en ressort à 35 avec pour seule ambition de passer ses samedis après-midi à trouver la tondeuse à gazon de nos rêves.

Au bout de quelques minutes (quatre heures en réalité), je réussis à rassembler mes esprits et à sortir de ce labyrinthe. Je passe la porte et me rends compte avec surprise que j’ai acheté un porte-savon zèbre, une piñata licorne et un bouddha de poche. Décidément, le Maxi Bazar reste pour moi un lieu fantasmagorique (pas sûr de savoir ce que ça veut dire).

Paul



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