Le mystère des arêtes de poisson
Pépites de Lyon

Le mystère des arêtes de poisson

Publié le.

3/5/2022

Photographie

Après les quenelles de brochet, on s’intéresse aujourd’hui aux arêtes de poisson lyonnaises. Vous savez, ce réseau de galeries souterraines en forme de squelette de poisson qui fascine tant par son étendue que par son mystère ! En effet, si  les grandes villes européennes possèdent souvent des réseaux souterrains, ceux-ci sont généralement riches en documentation. À Lyon, le mystère reste entier : c’est là toute la différence ! La municipalité évite le sujet, les lieux sont formellement interdits au public (oui, depuis le 22 février 1989 pour des raisons de sécurité), les dates de construction ne sont qu’approximatives et ne parlons même pas de ses usages… Comme l’on n’est pas petit paumé sans fouiner, nous n’allons bien sûr pas nous a(r)rêter ici. 

Ce que l’on sait 🤓

Les arêtes de poisson lyonnaises se nomment en réalité les galeries souterraines de la Balme-Saint Clair ou encore le réseau des fantasques (et de bien des fantasmes…). Elles se situent dans les profondeurs de la colline de la Croix-Rousse, partant du Rhône et s’aventurant jusqu’à la rue Magneval. 

Centrale Lyon

Autour d’une grande galerie centrale de 156 mètres (dite “colonne vertébrale") s’articulent les 32 arêtes de Lyon longues de 2 kilomètres, chacune large d’environ 2 mètres et profonde de 30 mètres . Impressionnant non ? Attendez de voir la suite !

Ce réseau de galeries souterraines a été redécouvert dans la première moitié du XXème siècle au moment de la construction du tunnel de la Croix-Rousse. Dans les années 30, le percement de ce dernier avait endommagé deux de ces fameuses galeries. Un peu plus tard, les archéologues municipaux descendent explorer les lieux et découvrent bien des surprises. Ils observent notamment très peu de traces d’activité humaine et concluent ainsi que ces galeries n’auraient très probablement jamais servi. En revanche, en 1959, on y  retrouve 5 mètres cubes d’ossements humains qui disparaissent des années plus tard.  Au risque de vous décevoir, notre chemin de rationalité et de faits concrets s'arrête ici…enfin presque. Place maintenant aux théories farfelues, à d’autres pistes plus plausibles mais surtout à l’imagination !

Entre mythe et réalité…😶

Aujourd’hui encore, on ne sait pas grand chose des arêtes lyonnaises et de la raison de leur construction. Que ce soit dans les archives de la ville, dans les mémoires urbaines ou dans les ouvrages, aucune trace d’existence de ces étranges constructions n’est mentionnée. Des pistes sont néanmoins explorées. 

Selon certains, les galeries dateraient du Moyen-Âge et auraient été construites par le Roi  Charles IX entre le fleuve et la citadelle Saint-Sébastien (détruite quelque temps après) dans le but d’approvisionner la ville en cas de siège. Selon l’urbaniste Gilles Buna, le réseau a été construit secrètement et à l’insu des lyonnais, d’où l'absence d’archives. 

Autre hypothèse (préférée par Walid Nazim, écrivain et spécialiste du sujet) : le réseau remonterait en fait au VIIIème siècle et serait lié à l’ordre militaro-religieux du Temple (les Templiers) afin d’y cacher un trésor (le trésor des Templiers). À cette époque, la Croix-Rousse était en effet la propriété du seigneur de Miribel, chef de l’Ordre du Temple.

La dernière hypothèse est sûrement celle qui se tient le plus. En effet, lors d’un diagnostic préventif assez récent lancé par la ville, les scientifiques aboutissent à de nouveaux résultats. Grâce à une datation “au carbone 14”, on est désormais capables de dater la construction de l’édifice entre l’an 400 avant J.-C et l’an 0. 

Les portes de l’imagination sont désormais grandes ouvertes puisque c’est tout ce que l’on sait. Certains penchent ainsi pour un lieu de stockage de pièces et métaux précieux pour les ateliers romains de frappe de monnaie, lorsque d’autres pensent que le réseau était relié à des édifices en surface tels que le Sanctuaire des Trois Gaules.

Et vous , quelle théorie vous branche le plus ?

 Meau‘nâ

Source image principale : ©David Patin

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