Les grands écrivains lyonnais

Les grands écrivains lyonnais
Redécouvrir Lyon - 31 oct. 2019

Lyon est réputé pour l’imprimerie. Certes il est bien beau de pouvoir imprimer des exemplaires en quantité pharaonique, encore faut-il avoir quelque chose à coucher sur le papier. Ci-joint, le florilège des écrivains lyonnais, bons ou mauvais, ce n’est pas à nous de juger : nous on fait les restaurants et compagnie.

 

“L’appétit vient en mangeant, la soif s’en va en buvant” - François Rabelais


 

Après des études brillantes de médecineRabelais s'installe à Lyon car il est aussi attiré par la littérature. Lyon est alors un lieu où le commerce, l’imprimerie et les livres s'épanouissent sur les berges de la Saône. Quelques mois après son arrivée en 1532, il est fait médecin à l’Hôtel Dieu et fera sensation selon divers écrits de l’époque. La période lyonnaise de Rabelais sera particulièrement importante car il y publiera ses premiers écrits. D’abord avec Sébastien Gryphe, puis avec Claude Nourry,  grand imprimeur lyonnais, il écrire le célèbre Pantagruel en 1532. Il ne restera néanmoins que 3 ans. En 1535, l’écrivain-médecin quitte subitement son poste et la ville pour des raisons qui restèrent inconnues.


 

“Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie” - Louise Labé 

 

 

Mariée à un riche marchand lyonnais, elle aurait vécu proche de la place Bellecour. Appartenant à un groupe d’intellectuels lyonnais qu’on appelle “l’école lyonnaise”, elle aura peu écrit : 24 sonnets, trois élégies et un autre poème. Il existe néanmoins une controverse au sujet de Louise Labé. Tour à tour dépeinte comme lesbienne ou prostituée, on croit au 16ème siècle qu’elle n’aurait en fait jamais existé. Elle ne serait qu’un personnage de fiction inventé par un autre poète. Il aurait choisi ce nom d’une célèbre prostituée lyonnaise dite “La Belle Louise”. Cette théorie a été réfutée plusieurs fois mais le doute n’est toujours pas entièrement levé. 

 

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;

J'ai chaud extrême en endurant froidure :

La vie m'est et trop molle et trop dure.

J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

 

Tout à un coup je ris et je larmoie,

Et en plaisir maint grief tourment j'endure ;

Mon bien s'en va, et à jamais il dure ;

Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

Ainsi Amour inconstamment me mène ;

Et, quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me trouve hors de peine.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être au haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.

 

Poème de Louise Labé, 1555


 

“On ne voit bien qu’avec le coeur. L’essentiel est invisible pour les yeux.” - Saint-Exupéry

 

 

Un des écrivains les plus célèbres de France est lyonnais. Il s’agit de Saint-Exupéry dont notre aéroport porte le nom. Né à Lyon en 1900 au 8, rue Saint-Exupéry, près de la place Bellecour. Il grandit néanmoins dans un Château du Var. Lors de son baptême de l’air dans un avion à Villeurbanne, il écrit : 

 


“Les ailes frémissaient sous le souffle du soir

Le moteur de son chant berçait l'âme endormie

Le soleil nous frôlait de sa couleur pâle”

 

Il sera par la suite un pilote reconnu. Un jour, transportant du courrier pour l’Aéropostale, il s’écrasera dans le désert libyen en voulant relier Saïgon et Paris et commencera sa carrière littéraire. Après l’armistice de 1940, il réussit à partir pour New York d’où il appelle à l’unité française. En 1941, le maréchal Pétain le place au Conseil national sans le prévenir, ce qu’il refuse. En 1942, avant de repartir combattre, il confie à une femme rencontrée à New York, le conte du Petit Prince. Il tente de se battre depuis le Maghreb. Il disparaît le 31 juillet 1944 lors d’une mission de reconnaissance dans des circonstances toujours inconnues. Son avion a été retrouvé au large de Marseille dans les années 2000 ainsi qu’une gourmette portant son nom. Le Petit Prince est publié aux Etats-Unis en 1943 et en 1946 en France. Il s’agit du livre le plus traduit après la Bible. Il a été vendu à plus de 145 millions d’exemplaires dans le monde.

 

 


“Le verbe est le vrai sang de la nation française. La langue est notre sang” - Alexis Jenni

 

Né en 1963 dans l’AinAlexis Jenni est professeur agrégé de Science de la Vie et de la Terre au Lycée Saint-Marc dans le 2ème arrondissement. Il obtient le prix Goncourt en 2011 pour l’Art français de la guerre. Récit d’initiation d’un vétéran et d’un jeune homme au travers de la peinture, le roman évoque le passé colonialiste de la France. Il analyse avec finesse le racisme qui en découle et la plaie à peine refermée de la guerre d’Algérie.

 

Maintenant, les écrivains lyonnais n'auront plus de secret pour vous !