Quand la montagne devient récit : des explorations en haute montagne au service de la bonne cause

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Quand la montagne devient récit : des explorations en haute montagne au service de la bonne cause

Cela fait près de quarante ans qu’Henry Bizot part à la découverte de nouveaux sommets. Vingt-cinq expéditions sur tous les continents et une trajectoire singulière dans le paysage de l’alpinisme français : celle d’un homme qui préfère les marges aux sommets surfréquentés. Depuis 2005, son terrain de jeu se situe volontairement là où il n’y a presque rien sur les cartes : des vallées peu explorées, des sommets et des itinéraires vierges. Et surtout, à chacune de ses expéditions, il associe une action d’entraide, sous la forme de ciné-conférences. Il présentera sa prochaine ciné-conférence le 31 janvier à 14h45 au Pathé Bellecour.

L’Argentine en fil rouge


Partir seul de France, rejoindre sur place un grimpeur, souvent un guide local, s’immerger dans la culture du pays avant même d’attaquer la montagne : la méthode est rodée. Pour Henry Bizot, l’alpinisme est avant tout une histoire de découverte bien au-delà de la seule performance sportive. En Argentine, notamment, ses rencontres avec les Gauchos ont nourri autant l’aventure que les ascensions elles-mêmes. Pour lui, la découverte ne se limite jamais au relief. La ciné-conférence revient sur l’Argentine et la Patagonie, des territoires qu’il connaît intimement après sept expéditions. En 2023, il choisit pourtant de les redécouvrir autrement, en traversant le pays du nord au sud avec Véronique, son épouse, qui l’a vu partir toutes ces années sans jamais l’accompagner. Véronique n’est pas alpiniste mais elle se laisse saisir par la beauté des paysages. Le voyage lui permet de rencontrer les compagnons d’aventure de son mari et de s’immerger dans un pays dont la culture, l’histoire et les contrastes façonnent profondément celles et ceux qui y vivent. De Mendoza à la Terre de Feu, en passant par la Patagonie jusqu’à Ushuaïa, le périple devient un fil conducteur entre passé et présent. Les montagnes croisées déclenchent des rétrospectives d’ascensions d’itinéraires et de sommets inexplorés, entre autre la voie Patrick et Élisabeth sur un sommet très peu gravi de la vallée Matienzo, frontalière avec le Chili.

Donner un nom à ce qui n’en a pas

Ouvrir une voie vierge n’est jamais un geste anodin. Pour Henry Bizot, nommer un itinéraire ou un sommet est un acte important, si ce n’est essentiel. Les noms choisis racontent des liens, des combats, des amitiés. En Argentine, une voie porte le nom Véronique et les 6 fils, une autre Les 6 frères. En Bolivie, d’autres rendent hommage à Charles-de-Sèze et René Flament, deux pères jésuites. En Patagonie argentine, une voie est dédiée à deux de ses amis proches : André, décédé de la maladie de Charcot et à Sophie, sa femme. Plus au sud encore, sur le Champ de glace Nord chilien, un sommet est dédié à Anne, 7 ans, porteuse de la trisomie 21, ainsi qu’à ses parents adoptifs. Et d’autres… La conférence présentée cette année intitulée « Sur les traces de mes expéditions de haute montagne en Argentine et en Patagonie – La voie Patrick et Élisabeth », invite aussi à découvrir l’histoire qui se cache derrière ce nom. Car chez Henry Bizot, rien n’est jamais laissé au hasard.

Une conférence gratuite à but caritatif

Les images sont filmées par l’alpiniste lui-même puis il réalise le montage avec un monteurprofessionnel. Un travail mené ensemble, image par image. Résultat : 1 h 45 de ciné-conférence, structurée en deux temps. D’abord, 12 minutes pédagogiques retraçant le déroulement d’une expédition en haute montagne à partir de ses archives d’images accumulées depuis sa première expédition en 1985, un voyage insolite dans l’oxygène rare au sein de divers massifs montagneux du monde, des Andes, de l’Asie centrale de l’Himalaya….  Ensuite, 72 minutes de film, mêlant voyage, paysages spectaculaires et mémoire des expéditions passées. Deux années de travail au total - entre le montage des films et l’organisation de la séance - qu’Henry Bizot a choisi de financer intégralement lui-même, fidèle à sa volonté de donner du sens à chacune de ses expéditions. L’entrée est libre et gratuite, sans réservation. Le public peut s’il le souhaite faire un don après la séance. L’intégralité des fonds est reversée à Pour un Sourire d’Enfant, une association française œuvrant au Cambodge pour sortir les enfants de la pauvreté, au profit de qui il avait déjà réalisé une opératoire de ce type en 2009. Comme il le rappelle simplement : « Ce n’est pas la quantité qui compte, mais chaque donateur, chaque personne qui donne en fonction de ce qu’elle peut. »

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Chiara
5 min de lecture

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