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Saga #2: Connaissez-vous bien Lyon ?

Que faire à Lyon ?

le 31/03/2015

Tiens, vous voilà vous. Plus en forme que la semaine dernière me semble-t-il ! Comment ça, vous ne voulez pas quitter la Croix-Rousse ? Vous voulez rester perché sur les hauteurs de Lyon, dites-vous ? Mon cher lecteur, je vous emmène cette semaine sur une autre colline, ne craignez donc pas le dénivelé. Mais la tyrolienne Croix-Rousse – Fourvière n’ayant pas encore été construite, il va d’abord falloir descendre pour remonter. Allons, dévalons les pentes de bon cœur, nos amis Paul, Jean et Georges nous attendent de l’autre côté.

 

Saint-Paul

 

Une fois la passerelle Saint-Vincent traversée, nous voilà bel et bien dans le 5e arrondissement. Passons l’église Saint-Paul et la gare pour rejoindre la rue Juiverie. Ancien lieu du marché aux bestiaux et des égouts à ciel ouvert, la rue connut une forte gentrification à la fin du XVe siècle pour devenir l’une des plus belles rues du Vieux Lyon. François Ier lui-même y aurait résidé quelques temps, dans la maison Paterin. On raconte d’ailleurs qu’il aurait courtisé la femme Paterin pendant son séjour, et qu’au départ du roi le père Paterin partit s’installer en Bourgogne, racontant que sa femme Bérengère était partie se reposer. C’est seulement 7 ans plus tard, à la vente de la maison, qu’on aurait retrouvé le corps de Bérengère, la salamandre du roi à la main. Amant violent ou mari jaloux ? L’histoire ne le dit pas… Sur cette joyeuse anecdote, continuons vers le Temple du Change et saluons les frères Gadagne qui y firent autrefois fortune.

 

Saint-Jean

 

Passage obligé, la rue Saint-Jean : difficile de se replonger dans le moyen-âge entre les amas de touristes et les interpellations des tenanciers de bouchons. Un conseil, revenez vers 2-3h du matin… Quand tout est calme et que la lune brille, c’est l’un des rares moments où vous pourrez revenir quelques siècles en arrière en arpentant les pavés du Vieux Lyon. J’espère que vous savez nager : nous voilà à présent sur l’île Saint-Jean. Oui cher lecteur, car l’actuelle rue du Bœuf était auparavant un bras de la Saône, jusqu’à que ce qu’il s’assèche et que les habitants durent quitter leur perchoir et migrer au pied de la colline. Très célèbre pour le Village du Petit Paumé qu’elle accueille tous les ans, la place l’est aussi pour sa cathédrale. Parmi les nombreuses curiosités qu’elle renferme, vous y trouverez notamment une des plus anciennes horloges astronomiques d’Europe, capable de donner les dates des événements saints jusque 2019.

 

Saint-Georges

 

Le dernier mais non le moindre, notre bon ami Georges : entre sa maison du soleil et ses nombreux traboules, son musée des automates, ses pubs et ses restaurants, les rues calmes du quartier Saint-Georges contrastent avec Saint-Jean la touristique. D’ailleurs, avez-vous vu les dragons ce week-end ?

Fini la promenade, il est temps d’aller grimper : pour se mettre en jambe, rien de telle qu’une petite côte à 13%, j’ai nommé la montée du Gourguillon ! Toujours dans le registre des anecdotes légères, on raconte que le sang des martyrs de Lyon y aurait tellement coulé qu’il aurait teinté de rouge la Saône. De là viendrait son surnom « Sanguinis » en latin puis Sagona pour finalement donner la Saône. Ce qui est totalement invérifié puisque la Saône tire en réalité son  nom de la divinité gauloise Sequana, déesse de la rapidité. Rapide, pas comme vous sur les pavés de la montée ! Reprenez donc votre souffle et jetez un œil dans l’impasse Turquet sur votre gauche : c’est là que se trouve la plus ancienne maison de Lyon, avec ses galeries à pans de bois suspendues dans le vide. Continuons donc la montée, que je vous narre une autre histoire. Au début du IVe siècle, un mur de la montée du Gourguillon s’effondra sur  le cortège du pape Clément V, tout fraîchement couronné à Saint-Just. Dans cette chute la tiare du pape tomba et laissa échapper une pierre précieuse. Malgré de nombreuses recherches, on ne la retrouvera jamais. Peut-être y est-elle encore, ensevelie sous les pavés… Regardez, le temps de parler nous sommes déjà au sommet ! Prenez donc un repos bien mérité sur la terrasse de l’Antiquaille, sûrement l’une des plus belles vues de Lyon.

 

Fourvière

 

C’est sur les pentes de la colline que vous trouverez le plus beau vestige de Lugdunum, le théâtre gallo-romain de Fourvière : pour une ballade un après-midi ensoleillé ou pour les fameuses Nuits, le site vaut l’ascension. Tout comme la basilique à son sommet, même si sa beauté est plus controversée. C’est quand la guerre éclate entre la Prusse et la France en 1870 que les Lyonnais demandent à ce que la ville soit épargnée à Notre-Dame de Fourvière, en échange de quoi ils lui construiraient une église dédiée. L’origine de la fête des Lumières est semblable : alors que le sud de la France était touché par la peste, les notables lyonnais promirent à la vierge Marie qu’ils lui rendraient hommage chaque année si l’épidémie était repoussée. Quant à la tour métallique de Fourvière, que certains appellent « la petite tour Eiffel »  - pas les Lyonnais, on se demande encore ce qu’elle fait là. On dit parfois qu’elle serait une œuvre républicaine, élevée sur la colline pour que le plus haut monument de Lyon ne soit plus religieux. Mais cette guerre pour dominer les hauteurs de Lyon – que l’on retrouve dans un autre arrondissement, juste en face de la colline – n’est pas vérifiée, puisque toutes deux s’illuminent en décembre pour rendre hommage à Marie. Plutôt sensibles à leur beauté, plutôt sensibles à leur laideur, nous avons tous des avis divergents sur la basilique et la tour métallique, mais quand, perdus dans Lyon nous ne retrouvons plus le nord ni le sud, elles restent notre repère à tous.

 

Et vous, quelle est votre version de l’histoire ? Partagez vos anecdotes en commentaire !

 

Vous n’avez pas lu la première saga ? C’est par ici ! 

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