cp_croixrousse_plateau04_0 - Petit Paumé

Saga #2 : Connaissez-vous bien Lyon ?

Que faire à Lyon ?

le 21/03/2015

La semaine dernière, je vous avais laissé en pleine ascension croix-roussienne. Grosse erreur de ma part, puisque, usé par votre promenade sur la Presqu’île, vous avez abandonné à mi-chemin pour partir vous enjailler dans quelques bars et profiter des réjouissances des pentes. Petit coquin. Peu importe, ce matin vous voilà pas-tout-à-fait-frais mais disposé à explorer un peu plus les pentes, de jour cette fois-ci.

 

Les pentes

 

Cap sur la Saône, direction les quais Saint-Vincent, un peu d’air marin devrait vous rafraîchir. Regardez, vous la voyez ? Comment ça, non ? Allons un petit effort, elle crève les yeux ! Elle surplombe le quartier avec ses 365 fenêtres. Cette bâtisse gigantesque est le rêve d’un certain monsieur Brunet, qui la construisit au début du XIXe siècle : 4 entrées pour les 4 saisons, 52 appartements pour les 52 semaines de l’année, 7 étages pour les 7 jours de la semaine et enfin 365 fenêtres pour les 365 jours de l’année. Un rêve fort sympathique, si la construction de la maison n’avait entièrement ruiné le brave homme qui mourut dans la pauvreté. Il sera au moins passé à la postérité, puisque sa création surplombe les pentes depuis maintenant plus de 200 ans.

Quittons à présent les quais pour rejoindre la rue Burdeau. Vous ne suivez pas le rythme ? Un peu de repos s’impose. Asseyons-nous cinq minutes sur l’herbe fraîchement coupée du plus vieux jardin de Lyon, le Jardin des Plantes. Saluons au passage Rome et Auguste ! Puisqu’après tout nous sommes sur les ruines de l’Amphithéâtre des 3 Gaules, leur ancien lieu de culte.

Il est temps de repartir : place Colbert, je vous emmène dans la cour des Voraces. Haut-lieu de la lutte des Canuts puis de la résistance pendant l’occupation, elle était au XIXe siècle le refuge des Voraces, une organisation d’ouvriers ayant pour but de lutter contre…. la diminution de la quantité de vin dans les pots. Un combat, vous l’aurez compris, de la plus haute importance et dont il ne faut pas sous-estimer le rôle dans la révolte des Canuts. En parlant de Voraces, je commence à avoir un petit creux. Ça vous tente, un mâchon ?

 

Le plateau

 

Après ce brunch lyonnais des plus légers, je vous sens tout revigoré ! C’est donc d’un pas aérien que nous allons finalement gravir les 100 mètres de dénivelé entre le bas des pentes et l’entrée dans le village croix-roussien. Et sans râler s’il-vous-plaît.

Votre longue – très longue, depuis quand n’avez-vous pas fait de sport ? – agonie est terminée : voyez le boulevard de la Croix-Rousse. Lorsque vous le franchirez, vous serez de « l’autre côté » : le 4ème arrondissement. Oui, car à la place du boulevard existait avant un rempart entre le 1er et le 4ème, les Croix-Roussiens ne souhaitant pas faire partie du même ensemble que la Presqu’île. Même si celui-ci a été détruit en 1852 pendant le rattachement de la Croix-Rousse à Lyon, on ne peut pas dire qu’il a totalement disparu dans l’esprit des habitants du quartier. La guerre du Gros Caillou en témoigne : à l’origine placé à cheval entre le 1er et le 4ème pour symboliser la réconciliation des deux quartiers, il a ensuite été décalé de quelques mètres pour se retrouver entièrement dans le 1er. Ce qui rend les habitants du 4ème tout colère : ils vous soutiendront d’ailleurs sans broncher que le Gros Caillou appartient bel et bien au plateau. Dans certaines villes du monde, on se bat pour les droits de l’homme, l’égalité, la justice sociale ou encore la liberté d’expression. A Lyon, on se bat pour un gros caillou. Grand bien nous fasse. Et qu’a-t-elle donc de spécial, cette caillasse ? Découvert pendant le percement de la ficelle, le caillou est composé de quartzite triasique métamorph… – bref – et nous viendrait tout droit des Alpes. Les légendes racontent qu’il s’agit du cœur d’un huissier cupide, qui après avoir expulsé une famille de canuts de leur logis, dut rouler son cœur de pierre à travers la ville jusqu’à trouver plus vil que lui – en l’occurrence un régisseur de la rue Tupin.

 

C’est sur cette belle histoire que je vous quitte cette semaine, vous allez pouvoir profiter tranquillement des richesses croix-roussiennes. Pas d’abus cette fois-ci, je vous veux en forme pour la semaine prochaine ! Nous partirons à l’ascension d’une colline d’un tout autre genre, qui au travail de la soie a préféré la quête spirituelle.

 

 

Et vous, quelle est votre version de l’histoire ? Partagez vos anecdotes en commentaire !

Vous n’avez pas lu la première saga ? C’est par ici ! 

Vous souhaitez
découvrir tous nos articles ?

Voir toutes les actualites

S'abonner à la newsletter du petit paumé

Connecte toi à ton compte pour laisser un commentaire <3

Avis Saga #2 : Connaissez-vous bien Lyon ?

0 commentaire

Ecrire un commentaire
  • AlexiaH

    Petit Canut

    Merci le PP

    le 27/03/2015

    Quel article ! Bravo au Petit Paumé !