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Où trouver l'amour à Lyon ?

Lyon cette semaine

le 13/12/2011

Où trouver l'amour? Vaste question, à laquelle chacun y va de sa réponse, plus ou moins habile, j'en conviens. Onanisme, thé dansant et aire d'autoroute sont les premières qui effleurent généralement l'esprit. Des personnes plus prosaïques pencheraient quant à elles vers les sempiternels bars, boîtes et autres lieux de festivités. Pourquoi pas, il en faut pour tout les goûts. Trêve de propos doucereux et politiquement corrects. En effet, l'amour, c'est sale. C'est du moins ce que disait ma mère et mon curé. Ils s'endentaient bien sur une foule de sujet, ces deux-là. Ils s'entendaient si bien qu'ils ont fini ensemble, d'ailleurs. Mais c'est là une autre histoire. 

Les paragraphes qui suivent s'adressent aux naufragés de l'amour, aux galériens du sentiment, aux nécessiteux du rencard. Une foule anonyme aux rangs grandissants qui, comme le tiers-état de naguère, est en marge de tout. Des gens qui n'ont pas accès à ce que le monde moderne offre de meilleur : saint valentin, weekend à deux et Pacs. Qui sont ces gens? Ils sont comme vous et moi. Enfin, plutôt comme vous. Ce sont des hommes plein d'avenir et de virilité, qu'une époque douteuse de « métro-sexualité » a mis sur le bord de la route. Ce sont des femmes pleines de grâce et de candeur, a qui on a inculqué que le prince charmant viendrait forcément à elles. Ce sont, enfin et surtout, des hommes et des femmes qui refusent la facilité et le glauque de rencontres sur internet, et l'aumône des rendez-vous arrangés. Voici donc trois lieux lyonnais où il est fort (statistiquement) possible de trouver l'amour, ailleurs que dans un restaurant romantique...

  • De prime abord, le bec de Jazz n'est pas très reluisant. Une file d'attente parfois conséquente à l'extérieur, un décor assez sommaire à l'intérieur, le tout au beau milieu des pentes de la croix rousse. Et pourtant... Voici une soirée type dans ce lieu. Tout commence généralement par un aphorisme du videur. « Ce soir, ça va être chaud ». Comme toute prophétie, cette phrase ne prendra tout son sens que bien plus tard. Mais il faut savoir une chose : le videur du bec de Jazz ne se trompe jamais. Une fois la lourde et métallique porte poussée, l'atmosphère du lieux inonde les sens du visiteur en quelques secondes : de la fumée, du monde, un petit bar, du vieux rock and roll des années 1950. Intéressant, certes, mais où est l'amour, dans tout cela? Discret, il réside dans une attitude partagée par la plupart des convives : l'ouverture. Ici, adresser la parole à toute personne, même inconnue, n'est pas mal vu. En outre, le volume sonore est subtilement dosé, si bien qu'il est possible d'apprécier la musique tout en parlant à autrui. Chose rare de nos jours. Danser le rock avec un(e) inconnu(e) est souvent le début d'une histoire. Et la fin d'une autre. Le videur avait raison, encore une fois.
  • Le musée des beaux arts de Lyon est avant tout un lieu de culture, cela ne souffre d'aucun doute. Pour autant, art et concupiscence ne sont pas ennemis, loin s'en faut. Au delà de ces doctes considérations, trois avantages majeurs se dégagent de l'ancienne abbaye des Dames de Saint-Pierre. La variété, tout d'abord. En effet, il y en a pour quasiment tous les goûts entre les collections permanentes, les expositions, le jardin et le café-restaurant. A choisir, donc, en fonction de l'humeur et l'inspiration. Outre cette diversité, la qualité des personnes présentes peut être au rendez-vous. Certes, ce deuxième critère est subjectif, et libre à chacun de voir si la culture est un avantage ou une tare. Qu'importe, la véritable force du lieu réside ailleurs, dans l'art. Qu'il s'agisse de peinture ou de sculpture, les œuvres fournissent en effet le matériel propice à une conservation intéressante. Finis les « salut, tu t'appelles comment? » et autres bijoux oratoires. En effet, quoi de pire que deux inconnus qui s'assènent leur personnalité (rêvée) à grands coups de « moi, je ... »? Longue vie aux conservations artistiques, donc, qui ont le mérite de permettre l'échange tout en limitant le narcissisme.
  • Les étudiants, c'est bien connu, ne pensent qu'à cela. Il semblerait d'ailleurs que l'ensemble de leurs activités tournent principalement autour de la rencontre amoureuse. A moins que je ne sois un fieffé obsédé. Toujours est il qu'une soirée étudiante est un endroit de choix pour qui veut trouver l'âme sœur. Toute université ou école organise de nombreuses soirées et il est facile d'en être informé. Reste à choisir le style voulu. Seront épargnés au(x) lecteur(s) les clichés relatifs à chaque faculté. De toutes façons, l'amour est au dessus de tout, n'est-il point? Les fins limiers des tendances sociologiques pourraient cependant me rétorquer la chose suivante : « la génération Y (ndlr : celle des étudiants actuels, notamment) est connue pour son individualisme chevronné et sa fort capacité à 'zapper'. Est-ce compatible avec l'amour? ». Remarque très pertinente. Heureusement, la crise est passée par là, avec son cortège de doutes matériels et existentiels. Et puis, il y a toujours quelque intérêt à être en couple. Obtenir un crédit, faire un bébé, s'entre-déchirer. Tout cela est beaucoup plus facile à deux, et les étudiants le savent.

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