herriot - Petit Paumé

La presqu’île en colère, mettons fin aux incivilités !

Histoire de Lyon

le 27/03/2019

Depuis Septembre, les rues qui mènent de la place Bellecour à celle des Terreaux deviennent le théâtre de trop nombreuses incivilités les soirs de week-end. Les habitants, excédés, décident de réagir.

  • Des incivilités intolérables

     

    On est un vendredi soir normal à Lyon, vers 23h, et petit à petit, les rues qui vont de Bellecour à Terreaux (en particulier la rue du Président Edouard Herriot) commencent à s’animer. Mais pas d’une animation joyeuse et contagieuse. Non !

     

    C’est une animation sous tension et volontairement provocatrice qui a lieu. Les voitures s’accumulent, et cela presque jusqu’à occuper les rues menant de Bellecour à Terreaux dans toute leur longueur, et d’elles proviennent des coups de klaxon frénétiques. Certaines voitures tapent des accélérations à 90 km/h sur moins de 100 mètres et freinent brusquement à la vue d’un passant qui traverse, d’autres se garent en plein milieu de la route et voient leurs passagers descendre du véhicule pour traîner en plein milieu de la route.

     

    Ce cirque a lieu de 23h à 3h du matin tous les vendredis et samedis soir, avec en bande sonore une musique assourdissante. Pour avoir une idée de ce que vivent les habitants de la rue lors de ces manifestations, imaginez avoir la pire sonnerie de réveil qui sonnerait de façon incessante pile au moment où vous voulez vous coucher.

     

    Et ce petit manège dure depuis septembre dernier, et gagne en intensité depuis quelques semaines.

     

    Bien entendu, les bruits sont plus que dérangeants pour les familles, les étudiants et les personnes âgées qui vivent dans le quartier, mais le problème de ces rues investies les soirs de week-end va au-delà. C’est toute l’atmosphère de la rue qui change à ce moment-là. Les plus belles avenues de Lyon deviennent une zone sous tension dans laquelle on ne se sent pas en sécurité.

     

     

     

    La réaction des riverains

     

    Avant d’en dire plus sur la réaction des habitants de la rue, une précision est importante. Ceux qui vivent dans le quartier savent qu’ils habitent dans l’hypercentre d’une des plus grandes villes de France. Ce ne sont pas (ou au moins dans leur très grande majorité) des peine-à-jouir dont le poil s’hérisse à la moindre manifestation sonore qui a lieu. Ils savent qu’il y aura forcément du bruit et de l’animation de temps à autre dans une rue pareille.

     

    Mais ici, les manifestations qui ont lieu ne sont ni ponctuelles, ni bienveillantes. Leur réaction est donc plus que justifiée.

     

    La réaction organisée des riverains commence début mars. L’une des habitantes du quartier, lors d’une énième soirée qui se déroulait comme décrit plus haut, enregistre et publie sur facebook une vidéo de ce qui se passe dans sa rue. Très vite, les gens commentent, partagent et réagissent à la vidéo.

     

    L’habitante et une amie à elle vivant aussi dans le quartier réalisent alors que leur exaspération est collective. Elles décident donc de créer un groupe facebook « presqu’île en colère », qui compte aujourd’hui 750 membres en seulement 3 semaines d’existence.

     

    En plus du groupe, elles créent une adresse mail pour recueillir les témoignages des autres riverains excédés. Grâce à ces premières démarches, les riverains trouvent enfin une plateforme sur laquelle exprimer leur agacement et discuter de ce qui est possible ou non pour mettre fin à ces incivilités.

     

     

     

    L’absence de réaction des autorités publiques

     

    Fortes de ce soudain soutien populaire, les deux fondatrices du groupe facebook ont pu rencontrer Denis Broliquier, maire du 2ème arrondissement, la semaine dernière. Il a alors confié que plusieurs habitants du 2ème lui avaient déjà parlé ou bien écrit sur la situation de la rue Edouard Herriot, mais uniquement de façon isolée.

     

    Malheureusement, Denis Broliquier n’a pas de réels leviers sur lesquels agir pour mettre fin au problème. Seule la mairie centrale pourrait prendre de véritables mesures pour mettre fin à ce chienlit, or Denis Broliquier est un opposant politique de Gérard Collomb, ce dernier n’est donc pas de la plus grande promptitude pour répondre aux requêtes du maire du 2ème.

     

    Certains policiers, appelés pour tapages nocturnes, auraient, quant à eux, tout bonnement conseillé aux habitants du quartier de déménager. Subir ou fuir, voilà ce qu’ils nous proposent.

     

    Si certains membres du groupe souhaitent réagir de façon plus fougueuse, les 2 amies à l’origine du mouvement invitent à la patience et à une réaction plus protocolaire. Les démarches pour un retour à une situation normale n’en sont qu’au début, le groupe « presqu’île en colère » n’a que 3 semaines. Et même si la mairie centrale sera probablement peu réactive à nos complaintes, l’agacement est tel qu’on peut être certain que les riverains ne s’arrêteront pas au premier obstacle.

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