sean - Petit Paumé

Interview d'un mec qui écrit sur les murs du métro

La vie au Petit Paumé

le 24/01/2016

Vous avez sûrement remarqué les énormes collages aux slogans poétiques qui prolifèrent en ce moment dans les plus grosses stations du métro lyonnais. Ils sont l’oeuvre du poète urbain, photographe, graphiste et plasticien Sean Hart, qui n’en est pas à son coup d’essai. En effet, dans la lignée d'ARDPG ou de M.Chat, il s’était imposé dans le métro parisien lors de sa rénovation en 2014 avec la série Ne pas jeter sur la voie publique. Cette fois-ci il s’en prend exclusivement à Lyon, et légalement s’il vous plaît! Jusqu’au 18 février, on pourra donc voir dans tout le réseau TCL (bus, métro, tramways) ces phrases gigantesques, en partie issues des quatre pièces engagées de l’évènement Étranges Etrangers mis en scène par Philippe Vincent au théâtre Le Point du Jour.

Intrigués par tout ce tintouin, le Petit Paumé est allé à la rencontre de Sean Hart pour lui poser quelques questions...

 

Le Petit Paumé : Bonjour Sean et merci de répondre à ces quelques questions pour nos lecteurs lyonnais. Tout d’abord Sean Hart c’est votre vrai nom ou c’est un «  blaze  » (pseudonyme, ndlr) ?

Bonjour, oui "Sean Hart" est bien mon nom. Pour le moment je travaille encore à visage et à nom découverts.

 

Quel est le rapport que vous avez à Lyon  ? C’est une ville qui vous tient particulièrement à cœur  ?

J'ai habité à la Croix-Rousse, sur la place de l’Hôtel de Ville et rue Burdeau entre 1981 et 1991 avec ma mère et mes cousins. Avec des  « aller-retours » entre Lyon et New-York car mon père vivait là bas avant son arrivée en France à la naissance de ma petite soeur, en 1986. Donc mon rapport avec Lyon est particulier oui - de par mon histoire intime avec elle. Mais j'ai aussi vécu à Eymet (en Dordogne) puis à Saint-Etienne, puis Strasbourg et Paris…

 

Vous avez un quartier préféré à Lyon  ?

Oui, pas à Lyon en fait mais plutôt l'une de ses banlieues : Vaulx-en-Velin, où j 'ai travaillé  en tant qu'animateur au CLSH (Centre de Loisirs) Fréderico Garcia Lorca de 1998 à 2002 durant les vacances scolaires. C'est un endroit important pour moi pour diverses raisons, notamment car c'est là que j'ai rencontré Nicolas Premier, le fondateur du projet "AFRICA IS THE FUTURE" , projet auquel j'ai participé de 2004 à 2007 à Paris.

 

Et du coup, comment en êtes-vous arrivé à travailler avec le réseau TCL  ?

Philipe Vincent, metteur en scène de la compagnie Scènes Théâtre Cinéma, m'a contacté après avoir vu la série d'interventions que je réalise en indépendant et illégalement depuis 2014 dans le métro parisien et dont le titre est : "Ne pas jeter sur la voie publique". Il m'a proposé de réaliser à ma façon la communication pour l'événement Étranges étrangers qui se tient au Théâtre du Point du Jour du 21 janvier au 26 mars 2016. (...) Ensuite il y a eu des rendez vous, des discussions, des repérages à faire, des échanges, beaucoup de travail, beaucoup de bonne volonté, de rigueur, de critiques, d'autocritique aussi… Jusqu'à l'installation des textes que j'ai réalisée avec deux amis. C'est un travail d'équipe :  j'en profite pour remercier tout ceux qui m'ont aidé à réaliser ce projet. La liste est longue mais ils se reconnaitront ;)

 

Les slogans que vous affichez sur vos collages sont donc tirés de pièces de théâtre, vous pouvez nous en dire plus  ?

C'est plus compliqué que cela en fait… Tout d'abord je ne sais pas si le mot "slogans" convient vraiment. Enfin, bref, j’ai lu les quatre pièces de théâtre qui font partie de l'événement Étranges étrangers afin de m'en imprégner. J'en ai extrait plusieurs phrases, certaines sont restées telles quelles, d'autres ont été adaptées en prenant en compte l'espace dans lequel elles allaient s'inscrire. D’autres encore sont des phrases que j'avais déjà écrites, que j'avais en stock. Il y a aussi une citation de Angela Davis* :  « Walls turned sideways are bridges » que j'ai mise au singulier et traduite en français : « Un mur renversé devient un pont ».

*Angela Davis : portrait d’une révolutionnaire, Yolande Du Luart, France, 1971, 90 min

 

Votre typographie reste toujours la même,  ça renvoie à quoi  ?

La typographie que j'utilise est une typographie que j'ai réalisé à Rio de Janeiro et nommée : MYDRIASIS. La mydriase (en français) caractérise une augmentation du diamètre de la pupille qui se produit dans la pénombre. En psychologie, c'est un phénomène inconscient qui se produit sous l'influence d'émotions positives, de façon physiologique. Cette typographie, originellement employée pour des affiches publicitaires et uniquement en lettres capitales, fait désormais partie des typographies de catégorie : « Sans-serif » ou « Linéales », catégorie apparue au XIXe siècle. Les polices issues de cette famille ont pour caractéristique principale la sobriété, elles sont directes et simples.

 

Ça fait quoi de travailler dans la légalité plutôt que de «  vandaliser  », ou en tout cas de s’afficher clandestinement dans le metro  ?

C'est un tout autre processus - que j'apprends au fur et à mesure de mon parcours - et que je trouve intéressant tant que l'on ne se trahit pas. Personnellement je pense continuer à faire les deux à ma façon.

 

Est-ce qu’il y a une différence entre métro lyonnais et métro parisien  ?

Leurs odeurs.

 

Quels sont vos artistes préférés de la région, ceux qui vous ont influencé ?

- Gordon Hart ( basé à Lyon )

- L'Agence Port Nord ( basée à Châlon-sur-Saone )

- La compagnie de théâtre : LZD - Lézard dramatique ( basée à Lyon )

- La compagnie de théâtre : Théâtre du Désordres des Esprits ( basée à Lyon )

 

Le Petit Paumé : Merci Sean Hart pour ces précieuses informations. Bonne continuation à vous!

 

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