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La fois où on était à deux doigts d'embrasser une championne olympique - Récit d'un test

Divertissement

le 19/01/2019

Voici le récit quasi exhaustif d’un de nos testeurs. Par souci d’anonymat, nous ne donnerons pas le nom du restaurant et modifierons le nom des intervenants.
 

  • Aujourd’hui, je dois tester un restaurant africain. J’ai déjà mangé un mafé une fois dans ma vie, mais c’est tout. Je m’y rends donc accompagné d’un collègue et d’une légère appréhension. D’autant plus que mon estomac et les spécialités étrangères ne sont pas toujours copains comme cochons.


    Bref, nous pénétrons dans le restaurant dont l’entrée s’apparente plutôt à un bistrot. A peine entrés, des exclamations fusent et l’une des dames qui semble travailler dans le restaurant nous accueille à bras ouverts. Cette dernière s’écrie : « Oooh ils sont mignons » en tripotant mes joues, puis déclare à Romaric, mon collègue, qu’il a une bouche incroyable et qu’elle le "smackera" probablement d’ici que l’on paye l’addition.


    Perplexes, mais amusés par cet accueil des plus chaleureux, nous nous installons dans la pièce de l’établissement destinée à la restauration. Nous commandons deux plats typiquement africains dont on nous explique les origines et la composition : un mafé et un gombo au bœuf et au crabe.
    Quelques minutes plus tard, notre très avenante amie de l’accueil se présente à notre table pour discuter. Elle n’en revient pas : nous avons commandé deux plats africains, nous, deux blancs d’à peine une vingtaine d’années. S’ensuivent quelques minutes de discussion sur nos origines. Des conclusions sont tirées assez rapidement. Par exemple, d’où je viens, les gens ne sont pas des fachos, pour la simple et bonne raison que commander un gombo fait de moi quelqu’un d’ouvert d’esprit. Ainsi, dans ma ville, les gens sont ouverts d’esprit. A l’inverse, à Annecy, il parait qu’ils sont tous fachos. Tous ? « Non allez j’exagère mais au moins 50% » nous déclare Fatou. Si des Annéciens nous lisent, nous les invitons à venir démontrer le contraire à Fatou, ou à s’inspirer des méthodes malthusiennes de Thanos dans Avengers : Infinity War, ça peut aussi être une option.


    Nous découvrons nos plats, testons la sauce pimentée alors que nos joues tournent rapidement au rouge, puis reprenons notre repas jusqu’au prochain passage de Fatou. Et quel passage ! Cette fois, nous apprenons qu’elle pratique la boxe thaï à très haut niveau, a remporté plusieurs titres internationaux dans sa catégorie (championne d’Europe, championne du Monde) et a même participé aux Jeux Olympiques à Pékin et à Londres en boxe anglaise. Fatou nous donne son nom de famille car nous sommes étonnés : on ne rencontre pas des champions olympiques tous les jours, en tout cas pas moi. Malheureusement, je n’ai pas assez de 4G pour vérifier ses dires et me renseigner un peu plus sur ladite Fatou Camara. Très vite, elle nous explique qu’elle est sur le point d’arrêter les compétitions, mais que son petit frère, surnommé « Le Sarrasin » dans le milieu du MMA, fera honneur à la réputation de la famille en devenant lui aussi champion dans un sport de combat.


    Ce qu’il se passe est assez surréaliste et, comme pour nous aider à y croire, Fatou nous apporte plusieurs verres à shooter d’eau de vie de poire, offerts par la maison. Nous continuons à discuter et nous découvrons qu’elle est la sœur de la gérante, que les professionnels de la boxe thaï n’ont plus de nerfs fonctionnels sur la zone où le tibia frappe l’adversaire, que les immigrés d’Afrique noire et du Maghreb sont une aubaine sportive de la France, que mon nom de famille est d’origine juive à coup sûr (ce que j'ignorais jusque-là), etc, etc.


    Vient finalement le moment de régler l’addition et de nous dévoiler, en tant que testeurs pour le Petit Paumé. A ce moment-là, la gérante s’exclame «OOOOH, les coquins ! Vous nous avez fait un coup là ! Fatouuuu, regarde qui tu nous as ramenés là ! ». Après de bonnes rigolades et quelques menaces de crochets, low-kicks et spinning backfists (sur un ton humoristique) en cas de mauvaise critique sur le guide ; Fatou prend nos numéros et nous invite à assister à ses cours de boxe thaï. Nous finissons par quitter ce lieu dont l’ambiance est restée à son apogée du début à la fin, ne cessant de nous surprendre.

    Pour l’anecdote, nous n’avons jamais trouvé la moindre preuve de l’existence de ladite Fatou Camara, championne d'Europe et du Monde de boxe thaï. Toujours est-il que nous n’avons aucune envie de nous frotter à elle.

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