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Collomb vs Kimelfeld, le féroce duel pour la ville de Lyon

Histoire de Lyon

le 27/03/2019

À Lyon, alors que les élections pour la présidence de la métropole se rapprochent, les tensions montent. Sous des airs bienséants, Les couteaux s’aiguisent, les petites phrases acides sont lâchées ici et là, d’anciennes alliances se défont, et de nouvelles se nouent.

Mieux qu’un épisode de House of Cards, l’élection 2020 à la présidence de la métropole de Lyon.

  • Pourquoi la métropole plutôt que la mairie ?

     

    La première question que vous pouvez vous poser sur ce duel, c’est « Pourquoi Collomb et Kimelfeld se battent-ils pour la présidence de la Métropole et non pas pour la mairie de Lyon ? ». De prime abord, la fonction et le statut de Maire de Lyon semblent plus importants que celui de Président du conseil de la métropole.

     

    Petit point historique. En 2015 est créée la collectivité territoriale Métropole de Lyon, et cela à partir de deux autres sous collectivités Le Grand Lyon, alors présidé par Gérard Collomb, et le conseil général du Rhône.

     

    Ce dernier a cédé une partie de ses missions à la Métropole, et Le Grand Lyon s’est totalement fondu dans cette nouvelle collectivité. Cette évolution fait que La Métropole de Lyon est devenue une collectivité dont le champ d’action est encore plus grand que celui qu’avait jusqu’ici Le Grand Lyon.

     

    C’est donc désormais la Métropole de Lyon qui mène dans son intégralité le développement économique (entre autres choses) de Lyon et de ses alentours. C’est pour cela que le futur président du conseil de la Métropole aura plus de pouvoir que le maire de Lyon.

     

     

    Le vieux roi veut garder son trône

     

    Notre premier prétendant à la présidence est Gérard Collomb, aka « Le Gobelin ». Alors qu’il était maire de Lyon depuis 2001, puis de la métropole et de la mairie de Lyon à partir de 2015, il décida de démissionner de ses mandats locaux en 2017 pour devenir le Ministre de l’Intérieur d’Edouard Philippe. Bien mal lui en prit…

     

    Pour assurer l’intérim le temps de son mandat ministériel, Collomb désigna Georges Képénékian à la tête de la mairie et David Kimelfeld à celle de la métropole.

     

     

    Collomb gobelinant à l'Assemblée Nationale

    Gérard Collomb gobelinant à l'Assemblée Nationale

     

     

    Mais notre Gérard ne se sentait pas si bien que ça à l’Hôtel Beauvau. Petit à petit, il s’éloignait d’Emmanuel, dont le style et les choix politiques étaient de plus en plus contestés. Sa relation avec le Président était devenue plus distante et froide. Collomb ne faisait plus partie du premier cercle de Macron, comme ce fut le cas lors de la campagne présidentielle.

     

    De plus, notre Gérard se fait vieux, et l’état intérieur de la France étant ce qu’il est (terrorisme, territoires perdus de la République, quartier du Tonkin, fortes vagues migratoires) ce ministère lui demandait une énergie et une implication qu’il n’avait pas, ou plus. Et peut-être se sentait-il impuissant face à l’ampleur des chantiers à mener, comme peut le laisser penser sa déclaration lors de sa démission :

     

     « Oui, aujourd’hui, c’est plutôt la loi du plus fort qui s’impose – des narcotrafiquants, des islamistes radicaux – qui a pris la place de la République. Il faut assurer la sécurité dans ces quartiers, mais je pense qu’il faut fondamentalement les changer. Quand un quartier se paupérise, se ghettoïse, il ne peut y avoir que des difficultés. Il faut une vision d’ensemble pour recréer de la mixité sociale ».

     

    Dernier facteur qui l’a sûrement poussé à démissionner, le fait que tout se passe bien à Lyon avec ses successeurs. Différents acteurs de la vie politique lyonnaise commençaient à murmurer que l’absence de Collomb à la tête de la ville, qui ne devait être que temporaire, pourrait devenir définitive. Collomb l’a senti et a décidé de revenir plus tôt que prévu au bercail pour ne pas perdre ses soutiens.

     

    Une lutte fratricide

     

    Notre second prétendant est donc David Kimelfeld. Si son visage, contrairement à celui de Gérard, n’évoque pas celui d’une créature tirée d’un conte celtique, David n’en est pas moins un proche de Collomb. Là depuis de les débuts de Collomb en tant que maire, il a d’abord été son 1er adjoint au maire en 2001. Il est ensuite devenu vice-président de la métropole de Lyon, puis maire du 4ème en 2014.

     

     

     

     

    Initialement, les deux larrons s’étaient mis d’accord pour que Kimelfeld reprenne la mairie de Lyon en 2020 et que Collomb ne soit « que » le président de la métropole.

     

    Entre temps, la victoire de Macron est venue bousculer ces plans, et Collomb a désigné Kimelfeld comme son successeur à la Métropole.

     

    Les mois passants, David a affirmé son style en tant que président du conseil de la Métropole de Lyon. Très différent de son prédécesseur, David adopte un leadership plus collégial que celui de Gérard, qui plait a beaucoup d’acteurs de la vie politique lyonnaise.

     

    Le 3 octobre 2018, sentant le soutien pour David grandir (et pour toutes les autres raisons citées plus haut), Gérard a décidé d’avancer son retour à Lyon. Mais ce retour impromptu et sa reprise de la mairie ont agacé nombre de ses pairs. Beaucoup l’accusent de prendre Lyon pour son fief, et de ne pas vouloir passer le flambeau après 20 ans à la tête de la ville. Le 22 janvier dernier, David officialisait sa candidature à la métropole en 2020, transformant les tensions en une opposition ouverte.

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